Une soprano, un pianiste danseur,
un opéra de Poulenc
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Les artistes

Mia Mandineau
Le chant | les vidéos
La soprano française Mia Mandineau se fait rapidement remarquer pour sa grande voix, sa musicalité et sa présence scénique captivante.
Elle fait ses débuts au Megaron d’Athènes avec l’Orchestre National d’Athènes dans un concert exceptionnel célébrant le centenaire de Xenakis, sous la direction de Nicolas Vassiliou. Les critiques ont salué sa voix et sa sensibilité musicale qui s’est fait particulièrement remarquer dans un répertoire contemporain aussi difficile.
Durant l’été 2022, Mia fut choisie parmi les jeunes chanteurs internationaux les plus prometteurs de sa génération et est devenue la première artiste française à participer à la prestigieuse Sir Georg Solti Accademia, où elle a pu travailler avec des artistes de renommée internationale tels que Barbara Frittoli, Richard Bonynge, Roberto Frontali and Jonathan Papp.
Mia Mandineau débute sa carrière sur la scène prestigieuse du Concertgebouw (Amsterdam) dans un concert présenté par la Fondation des Grote Zangers. Durant ces années d’études au Conservatoire d’Amsterdam, elle participe à des masterclasses de grands chanteurs tels que Sergei Leiferkus, Linda Watson, Bejun Mehta et Lenneke Ruiten; et elle joue le rôle de Mère Marie dans les Dialogues des Carmélites de Poulenc. Elle y rencontre son professeur de chant Don Marrazzo avec qui elle termine sa formation au Conservatoire d’Athènes.
En parallèle de sa carrière de chanteuse, Mia est la créatrice de la chaîne YouTube L’Opéra et ses Zouz qui s’est rapidement imposée comme la référence du monde lyrique sur internet. Grâce à son travail de vidéaste, elle a collaboré avec le Festival d’Aix-en-Provence, le Théâtre des Champs-Élysées, l’Opéra National de Bordeaux, l’Opéra de Detroit (US), OperaVision, le Festival de Verbier, le Grand Théâtre de Genève, Palazzetto BruZane, ainsi que France Télévision et Radio France.
En 2021, accompagnée de la société de production Libelo, elle remporte la subvention « Savoirs et Cultures » du CNC pour son format J’te résume. Avec une communauté de plus de 21.000 abonné.e.s, elle continue d’offrir un regard frais et humoristique sur l’opéra dans des vidéos en français et en anglais.

Clément Rataud
Le piano | la danse
Danseur et pianiste, Clément Rataud est le premier artiste à réussir le concours d’entrée au CNSMD de Paris dans ces deux disciplines. Il est le seul étudiant à obtenir ses deux diplômes de master en danse et en piano dans cette école supérieure.
1er prix Bellan, 2ème prix virtuosité Claude Khan ainsi que 1er prix des Joutes Supérieures des Adhémars, il est lauréat d’une dizaine de concours en France.
Il défend avec beaucoup de ferveur le répertoire romantique de Schumann, Rachmaninov, Chopin et Liszt grâce aux conseils de pianistes renommés tels qu’Hortense Cartier-Bresson, Elena Rozanova, Olivier Cazal et Nadine Wright. Après un passage au CRR (Conservatoire à Rayonnement Régional) de Rueil-Malmaison dans la classe d’accompagnement d’Angeline Pondepeyre, il obtient son DEM (Diplôme d’Etudes Musicales) avec mention Très Bien à l’unanimité. Il reçoit aussi un prix de Perfectionnement de Musique de Chambre à l’unanimité.
En tant que concertiste, Clément se produit à la salle Cortot, à Gaveau et à la Philharmonie de Paris avec le trio Karã. Il est invité en solo autour d’un programme Brahms-Liszt au Festival de la Roque d’Anthéron. Sa carrière lui donne la chance d’interpréter le premier concerto de Chopin à Paris, à Stockholm, ainsi qu’à Brescia en Italie avec le Master Orchestra durant le Talent Music Master Festival.
En tant que danseur chorégraphe, il crée une pièce sur la musique de Rhapsody in Blue de Gershwin avec orchestre et quatorze danseurs au Théâtre de l’Echangeur. Sa double personnalité artistique l’amène à de nombreux projets transversaux entre la musique et la danse ; il n’hésite pas au sein d’un même concert à traverser la frontière entre ses deux talents. Il le prouve en créant un spectacle autour de l’œuvre de Chopin avec la danseuse Océane Delbrel où la danse et la musique fusionnent dans un concert mêlant les deux arts.
Sous le prestigieux label Universal, il enregistre les dernières musiques Yiddish de Laurent Couson au studio Ferber à Paris.
Après avoir obtenu la première place au concours de pianiste accompagnateur à l’Opéra de Paris, il accompagne régulièrement les cours et les spectacles à l’Ecole de Danse de la Compagnie Nationale ainsi que ceux du CNSMDP.
A propos de La Voix humaine
Le mot de Mia Mandineau
« La Voix Humaine est un classique du répertoire lyrique français. Cette tragédie lyrique de Poulenc, basée sur une pièce de Cocteau, est un véritable défi pour la soprano qui doit faire vivre, seule, un dialogue téléphonique de plus de quarante minutes.
Cet opéra m’a toujours fascinée car il laisse libre court à l’imagination du spectateur et de l’interprète – ce qui est rare à l’opéra. Bien qu’étant moderne dans son écriture, il garde un langage musical très lyrique et accessible. La musique de Poulenc rend ce moment de détresse amoureuse très sensuel, intime et bouleversant.
J’ai fait appel à Clément Rataud pour créer ce spectacle car je voulais partager cette œuvre solitaire avec un pianiste qui aurait une véritable présence scénique, au delà de son instrument et de son rôle d’ « homme-orchestre ». Qui de mieux donc qu’un pianiste qui soit aussi danseur ?
Nous transformons donc cet opéra-monologue en un véritable dialogue, un duo entre la chanteuse et l’homme présent sur scène. Le potentiel créatif de ce couple scénique est sans limite et donnera naissance à une interprétation unique de La Voix Humaine. »

Autour de la création
Un documentaire sur Youtube

« Mon souhait est également de montrer les coulisses de la mise en place d’un tel spectacle en filmant l’intégralité du processus de création.
Depuis plus de six ans, je partage ma découverte du monde lyrique sur ma chaîne YouTube L’Opéra et ses Zouz. Cette chaîne est le reflet de mon évolution en tant que chanteuse depuis le début de mes études. Aujourd’hui jeune professionnelle en pleine transition post-études, je souhaite continuer ce travail de démocratisation de l’art lyrique en montrant tous les efforts qui entoureront la mise en place de cet opéra.
J’aimerais aussi mettre en avant l’importance de l’entreprenariat pour les jeunes musiciens. La sortie d’école pour les chanteurs lyriques peut représenter des défis dont on parle peu. Je voudrais donc montrer les bienfaits et les possibilités qu’offre aux jeunes musiciens la création de projets scéniques ambitieux.
J’aspire aussi à ce que ce documentaire crée un pont entre la vidéo et la salle de spectacle.
Mon but avec L’Opéra et ses Zouz a toujours été de donner envie aux non-initiés d’entrer dans une salle d’opéra. En montrant les coulisses de la création d’un opéra, j’espère susciter la curiosité du public qui voudra ensuite voir le résultat sur scène. »
L’œuvre
La Voix humaine

La Voix humaine de Francis Poulenc est une tragédie lyrique en un acte composée en 1958 d’après une pièce du même nom écrit par Jean Cocteau en 1930.
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Une femme, après quelques tentatives infructueuses, finit par joindre son amant au téléphone.
A travers des non-dits et un moyen de communication défaillant (la communication s’interrompt sans cesse), la pièce présente une rupture amoureuse difficile.
La femme aime toujours l’homme à qui elle parle, et a tenté de se suicider.

« Quelle comédie ?
Allô ?
Qui ? que je te joue la comédie, moi !
Tu me connais, je suis incapable de prendre sur moi.
Pas du tout…
Pas du tout.
Très calme.
Tu l’entendrais.
Je dis : Tu l’entendrais.
Je n’ai pas la voix d’une personne qui cache quelque chose.
Non. J’ai décidé d’avoir du courage et j’en aurai. J’ai ce que je mérite.
J’ai voulu être folle et avoir un bonheur fou.
(…)
Quoi ? Oh si, mille fois mieux.
Si tu n’avais pas appelé, je serais morte.
Pardonne-moi. Je sais que cette scène est intolérable et que tu as bien de la patience, mais comprends-moi, je souffre, je souffre.
Ce fil, c’est le dernier qui me rattache encore à nous.
Avant-hier soir ? J’ai dormi.
Je m’étais couchée avec le téléphone… Non, non. Dans mon lit.
Oui. Je sais. Je suis très ridicule, mais j’avais le téléphone dans mon lit et malgré tout, on est relié par téléphone.
Parce que tu me parles.
(…)
J’ai le fil autour de mon cou.
J’ai ta voix autour de mon cou.
Ta voix autour de mon cou. »
Jean Cocteau


